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La technologie BIM dans le BTP : Un outil pour la sinistralité

L’un des enjeux pour les assureurs en assurance construction est aujourd’hui est de limiter la sinistralité dans un contexte ou celle-ci est en hausse quasiment constante (+10,8% en 2013 puis 3,1% en 2014) dans un marché qui en valeur a tendance à connaitre une baisse plutôt marquée avec une baisse des cotisations de 1,5% en 2015.

Il est alors évident que pour les assureurs responsabilité civile et décennale le rapport sinistre à prime va devenir de plus en plus stratégique et les différents moyens de le faire évoluer avec des sinistres moins nombreux et couteux va constituer l’enjeu des prochaines années.

Parmi les pistes qui commencent à porter leur fruit, l’une d’entre elles fait référence : Il s’agit de la technologie BIM.

BIM, Kesako ?

Derrière ces trois lettres se cache les mots suivants : Building Information Modeling, il s’agit pour faire plus simple et en Français d’un système de modélisation des informations et données du bâtiment.

Cette technologie qui passe donc par de la modélisation est un processus de travail réellement nouveau pour le maitre d’ouvrage. Il va permettre de couvrir toutes les étapes du chantier avec une nouvelle méthode de travail qui va couvrir toutes ls étapes de la vie d’un bâtiment : De la conception architecturale, à la fabrication et jusqu’aux opérations de maintenance.

Plusieurs sites informatifs regorgent aujourd’hui de dossiers sur cette nouvelle manière de travailler qui va sans doute à terme révolutionner une partie du secteur de la construction.

A l’ère du cloud, cette nouvelle méthode de travail qui inclut la modélisation du bâtiment avec une visualisation de la construction et de l’organisation (et des processus) de travail entre les différents acteurs d’un chantier avec des fonctions de partage va permettre de nettement optimiser le rôle de chacun. Ainsi un artisan directement sur une visualisation du bâtiment pourra consulter son lot, sa mission avec le processus de travail. Il pourra aussi partager ses remarques et problématiques directement sur l’interface dédiée.

Les principaux utilisateurs de la technologie BIM seront donc dans un premier temps des entreprises de construction d’une taille importante qui l’utiliseront pour gérer un chantier, les sous-traitants et leurs interventions afin de gérer les conflits, la sécurité ou encore la planification du chantier. On distingue aussi les architectes comme clients potentiels qui pourront s’en servir pour de la visualisation puis de la gestion de chantiers en tant que maitre d’oeuvre.

Pour une explication plus ludique en vidéo, nous vous conseillons cette vidéo sur Youtube : BIM Experts – Présentation de la technologie BIM.

BIM diagramme explicatif

Le BIM pour l’artisan ?

Peu d’artisans utilisent pour le moment cette technologie qui reste réservée pour le moment à des ouvrages de taille conséquentes (cité du vin à Bordeaux, fondation Louis Vuitton etc.) mais on peut penser que la technologie va se démocratiser dans les prochaines années sur de la construction d’immeubles d’habitations ou encore sur des pavillons.

Cette technologie a bien entendu un coût avec des logiciels relativement onéreux (quelques milliers d’€) et surtout de la formation à effectuer sur des processus complètement nouveaux pour des entreprises de construction.

Il faudra aussi pour les concepteurs de la technologie la rendre accessible à des utilisateurs qui ne pourront pas y consacrer des heures de formation et qui souhaiteront avoir une expérience utilisateur simple et agréable !

Dans un premier temps, nous pouvons donc penser que seuls des professions dites “intellectuelles” l’utiliseront (architectes, contractants généraux, bureaux d’études de taille importante) puis nous nous dirigerons vers une utilisation au sein des entreprises générales des envergues avant à terme de descendre sur les artisans et TPE/PME.

De plus en plus de sociétés d’architectures mettent le BIM au coeur du fonctionnement de la mise en oeuvre de leurs projets.

Cette technologie est aussi un formidable outil pour le maitre d’oeuvre permettant de suivre l’ensemble du chantier et des préconisations grâce à un système de visualisation intuitif.

Si l’utilisation du BIM se généralise quelles seront-donc les effets pour l’assureur décennale ?

BIM et Assurance décennale : De bons amis ?

Si le lien est relativement évident pour l’intérêt de la bonne marche d’un chantier, il l’est moins pour les effets sur la sinistralité. Néanmoins, les compagnies d’assurance mettent de grands espoirs dans cette technologie qui selon eux peut avoir des effets remarquables sur la sinistralité des ouvrages l’utilisant : Des analystes optimistes tablant sur une baisse de 20% de la sinistralité ! 

Cependant l’échantillon reste relativement faible pour prétendre à une baisse de la sinistralité globale sur la responsabilité civile et décennale. Les maitres d’ouvrage utilisant cette technologie ne représentant que 10% du marché.

Ce qui est sur, c’est que la technologie assurera une meilleure traçabilité des intervenants sur le chantier et permettra selon des analystes de d’AXA ou encore SARETEC (réseau d’expert sinistres) d’augmenter la qualité des interventions et en cas de sinistres de déterminer plus facilement les responsabilités selon le corps de métier et la nature de son intervention.

Pour aller plus loin :  D’autres innovations technologiques en plus de celle vus dans dans notre article précédent, permettront de contribuer à la baisse de la sinistralité : On peut penser au suivi des chantiers par drone, ou encore l’utilisation des robots ou de technologies de contrôle à distance (caméra etc.)

Le BIM ainsi que les autres nouvelles technologies permettront donc peut-être à terme d’assurer une baisse de la sinistralité sur les produits d’assurance responsabilité civile et décennale tout en contribuant globalement à une amélioration de la qualité des constructions ! Affaire à suivre dans les prochaines années…

 

 

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